Compte à rebours
Chapitre 2
Chapitre 2
Ziva entra dans la salle, le dossier et une petite bouteille d'eau à la main. Quiconque aurait sursauté à son entrée, tant elle se fit brusque et inattendue, d'ailleurs Tony sursauta de l'autre côté de la vitre, mais le tueur ne broncha pas. Pas même un petit frémissement.
Elle contourna la table, posa la bouteille et le dossier dessus, tira la chaise et s'assit.
Calvin Brook la fixait, l'air goguenard. Visiblement, elle ne l'impressionnait pas, mais Ziva n'avait pas l'intention de se laisser faire.
- Calvin Brook. Savez-vous pourquoi vous êtes ici ?
- Bien sûr, murmura-t-il d'une voix doucereuse. Ils veulent que je vous avoue l'endroit où j'ai dissimulé les corps. Les cinq derniers corps. Ce que j'ignore, c'est pourquoi, on vous a chargée, vous, Ziva David, de m'interroger.
Ziva tressaillit. Un tressaillement presque imperceptible, mais il s'en aperçut, car il sourit de nouveau. Comment diable pouvait-il connaitre son nom ?
- Pourquoi n'est-ce pas ce cher agent Leroy Jethro Gibbs qui vient m'interroger ?
- Il avait d'autre chose à faire que de voir votre sale face de rat.
- Oh...Ainsi votre légendaire cynisme n'était pas qu'un mythe. Parlons un peu de vous, Agent David.
- Nous n'avons pas à parler de moi. Mais plutôt, de vous, Calvin. Quinze ans de prison. Ça doit être dur...Et long. Quinze ans à ne voir personne de sa famille. Aucun ami...Tout en sachant que ce qui vous attend à la fin...C'est la mort.
Nouveau sourire de Calvin Brook. Il mit ses mains, entravées par des menottes, sur la table et se pencha en avant.
- N'espérez pas me faire craquer, Ziva. Vous êtes douée. Beaucoup plus que ces petits guignols qui m'ont interrogé auparavant. Mais ça ne suffit pas.
- On parie ? murmura-t-elle en se penchant à son tour.
- Et vous, Ziva David. Votre vie n'a pas du être facile non plus. Par où commencer ? Par l'amour inexistant d'un père ? Par la mort de votre jeune s½ur ? Et de votre mère ? Apprendre que votre frère était un terroriste ?
A son tour, Ziva sourit. Beaucoup de personnes lui avaient déjà sortis ce petit speech. Elle avait l'habitude. Et ça n'avait jamais marché. Pas plus que maintenant.
Il dut le remarquer, car il arrêta de parler, et ils restèrent à se fixer un long moment, en silence.
Ziva ouvrit la bouteille, en avala une longue gorgée, sachant qu'elle lui faisait terriblement envie, car il n'avait rien avalé depuis au moins 24 heures.
- Beaucoup de gens pensent que je ne désire qu'une seule chose : vous voir mourir. Et retrouver les corps. C'est en partie vrai. Mais je veux aussi savoir pourquoi. Pourquoi avez-vous tué toutes ces femmes innocentes ? Quel était votre but, votre mobil ? Je ne pense pas que vous soyez à 100% dingue. Je sais qu'une part de vous a fait tout ça pour une raison. Bonne ou pas, à moi de le découvrir.
- Oh, cela me fait très plaisir, ironisa-t-il. Vous êtes sans doute la première personne depuis quinze ans qui ne me croit pas totalement fou. Cela me fait chaud au c½ur !
- Ne jouez pas avec moi...
- Vous ne l'aviez pas encore compris ? Cela m'étonne de vous... Je pensais que vous l'auriez compris à la minute où l'on vous a confié cette mission.
- Compris quoi ?
- Que cela n'est qu'un gigantesque jeu, Ziva...Un jeu qui dure depuis quinze années...Un jeu que seul moi dirige...Et vous êtes mon nouveau pion Ziva...Un superbe pion, très attirant...Autant que mes précédents pions...Mes quinze précédents pions...
Le sang de Ziva se glaça dans ses veines. Leurs visages étaient tellement près l'un de l'autre, et il avait murmuré de façon à ce qu'elle soit la seule à entendre ses paroles.
Un sourire sadique étira ses lèvres, et il se redressa, comme si rien ne s'était passé.
- Tony, c'est à toi, dit-elle en se levant en sortant de la salle, d'un pas qu'elle aurait voulu plus calme.